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Vous avez dit populisme ?

Désigner par populismes, comme le font traditionnellement la presse et l’édition, des mouvements socio-politiques relevant de l’extrême-droite, c’est oublier que ce mot s’est d’abord appliqué à une école littéraire de la veine réaliste proche des mouvements communistes. Se souvient-on par exemple que L’Hôtel du Nord d’Eugène Dabit (porté à l’écran par Marcel Carné) fut couronné en 1929 du Prix ... Populiste ? Autres temps, autres moeurs. L’effervescence autour du « populisme » était alors indissociablement artistique et politique : comment donner droit de cité au peuple dans les Lettres ? Et ce terme n’avait pas la connotation péjorative qu’il a prise depuis Poujade, Eltsine, Haider ou Le Pen...

Les chapitres de ce dossier

  • Populisme : malaises dans la définition...

    « Le terme ‘populisme’ est à la mode, porté par la vague électorale qui ébranle de nombreux systèmes politiques européens ... Les partis politiques, les opinions publiques sont sous le choc : que se passe-t-il ? Le mot devient alors lui-même explication : c’est la montée du populisme, dit-on, en mettant dans le même sac des mouvements d’idéologies diverses et de composition sociale hétérogène. Mais cela n’explique pas grand-chose. L’ambiguïté du terme - qui explique en même temps son succès - embarrasse depuis longtemps les observateurs et les analystes du phénomène. Il y a près de trente cinq ans, en 1968, Sir Isaiah Berlin analysait cette perplexité en parlant ironiquement d’un Complexe de Cendrillon : « Il existe une chaussure, disait-il (le mot ‘populisme’), pour laquelle il existe quelque part un pied. » Le problème est qu’à chaque fois que l’on trouve une définition de la ‘chaussure populisme’, on n’arrive pas à trouver le pied correspondant (c’est à dire la réalisation concrète du phénomène). » Yves Mény, Le Monde, 22 mai 2002

  • Pour prendre un peu de recul historique

    Le populisme a un long pedigree : on le détecte en Russie ou aux USA (tiens, tiens...) dès la fin du 19° siècle. Mais il est peut-être aussi vieux que l'exercice du pouvoir. La démagogie suit la démocratie comme son ombre.

  • Petit tour du monde des populismes

    Après l'histoire, la géographie : de la vieille Europe à l'arrogante Amérique sous la botte texane, en passant par le Tiers-Monde, peu de régions du monde semblent "immunisées" aujourd'hui contre ce chancre politique.

  • Le vote Le Pen

    En breton, "le pen" veut dire "le chef"... Le culte de la personnalité couverait-il déjà dans le nom ?

  • Passions populistes, passions populaires

    Au contraire de certains gouvernants, réputés trop "raisonnables", le populiste, lui, table sur une approche essentiellement affective du politique. On isolera ici cinq grandes passions populistes et/ou populaires : les peurs sociales ; le narcissisme du clocher et la haine de l’Autre ; le culte du chef ; le dégoût des « affaires » ; enfin, la bêtise, quantité jamais négligeable en politique...

  • Le peuple et ses représentants

    On songe au mot radical de Foucault : "l'indignité de parler au nom des autres"... Le ver du populisme serait-il toujours déjà dans le fruit de la représentation politique ?

  • Le peuple et ses représentations

    Le démagogue se complaît à toujours opposer culture dégénérée d’en haut (« les lettrés ») et saine culture d’en bas (le « bon sens » de la « culture populaire »)... A l’heure de la « culture de masse, faut-il "éduquer" le peuple ou prendre acte qu’il est devenu savant ? Bref, existe-t-il, à l'instar de la trop fameuse "fracture sociale", une irréductible "fracture culturelle" ?

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