Le suicide et le chant ; poésie populaire des femmes pashtounes

Le suicide et le chant ; poésie populaire des femmes pashtounes

Sayd Bahodine Majrouh

Editeur : Gallimard

Collection : Connaissance De L'Orient

Date de parution : 03/06/1994

EAN : 9782070736003

Langue d'origine : Slovene

Traducteur : Velter, Andre

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Résumé

Dans les vallées afghanes, dans les camps de réfugiés du pakistan, les femmes pashtounes improvisent des chants d'une extrême intensité, d'une foudroyante violence.
D'oú le nom de landay qui les désigne et qui signifie : " le bref ". cette forme poétique limitée à deux vers compose en fait un instantané d'émotion, à peine plus qu'un cri, une fureur, un coup de dague entre les épaules. car ce poème très scandé dit l'amour, l'honneur ou la mort et toujours à travers ces trois thèmes, toujours la révolte. jamais sans doute si courte vocalise n'a autant révélé sur l'inhumaine condition de la femme en islam, sur l'oppression qui la réduit à l'état d'objet domestique et l'asservit au code infantile des hommes.
Privée de toute liberté, brimée dans ses désirs et son corps, la femme pashtoune n'a d'autre échappée possible que le suicide ou le chant.

Le point de vue de Adrien

Chants d’amour et de révolte

Ces landays, ces poèmes très courts de deux vers, de femmes afghanes, improvisés à toute occasion et recueillis de manière anonyme par Sayd Bahodine Majrouh avant 1978, soit avant l’invasion de l’Afghanistan par l’URSS, puis par la suite dans des camps de réfugiés afghans au Pakistan, sont bouleversants à plus d’un titre. Ils témoignent d’abord que les femmes afghanes n’ont pas attendu les régimes des talibans pour voir leurs libertés mutilées et réduites presqu’à néant. Mais ils montrent également l’élan de révolte et de rébellion qui repose et éclate dans le chant et qui semble dire : « Vous pouvez bien m’asservir, me marier à un vieillard ou un enfant qui me traitera toute ma vie comme de rien, mais vous n’aurez pas mon cœur. » Ainsi, c’est à l’amant que ces poèmes sont principalement adressés. Ils parlent aussi d’honneur et de mort. Et, pour les landays du temps de l’exil, ils parlent également des montagnes de la terre natale et du caractère éphémère des choses. Il est à espérer que presque quarante ans depuis que ces landays ont été recueillis d’autres poèmes et d’autres chants continuent de fleurir dans le cœur des femmes afghanes, en dépit des guerres et des violences sans fin. Sayd Bahodine Majrouh qui a réalisé cette anthologie était lui-même poète et philosophe. Né à Kaboul, il avait étudié en France et avait suivi ses compatriotes en exil au Pakistan après l’invasion de son pays par l’URSS. Esprit ouvert et généreux, il a témoigné de la montée du radicalisme religieux chez les Afghans en exil, le déplorant et le condamnant. Il a été retrouvé assassiné dans sa demeure de Peshawar le 11 février 1988. À la fin de ce recueil, André Velter qui a contribué à l’édition de ce recueil lui rend un vibrant hommage. Puissent ces poèmes affirmer qu’en temps obscurs, il est toujours quelques lumières :
« Dans la nuit noire qui nous sépare,
une torche à la main, je cherche mon chemin. »

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