
Joëlle Dufeuilly
Rencontre reportée – Autour de László Krasznahorkai
Salle de conférences
Rencontre reportée à une date indéterminée
Avec l'Association franco-hongroise.
Rencontre avec Joëlle Dufeuilly autour de l'œuvre de László Krasznahorkai. Cette rencontre est proposée en partenariat avec l’Association franco-hongroise de Midi-Pyrénées.
Joëlle Dufeuilly est traductrice française spécialiste du hongrois. Elle est la traductrice attitrée de László Krasznahorkai et de György Dragoman. En 2014, elle se voit décerner aux Assises d’Arles le Grand prix SGDL de Traduction pour l’ensemble de son œuvre.
Cette rencontre est proposée en partenariat avec l’Association franco-hongroise de Midi-Pyrénées.
Pourquoi le hongrois?
La réponse
sera très courte : je ne sais pas pourquoi j'ai choisi d'apprendre
le hongrois. Une chose, en revanche, est sûre, je ne le regrette
pas. Cette langue est comme un trésor secret que se partagent
quelques privilégiés, dont j'ai la chance de faire partie, à
travers le monde. Une langue libre, souple, ludique, créative et
musicale, qui explique en grande partie la vitalité et la grande
qualité et diversité de la littérature hongroise.
Pourquoi
László Krasznahorkai ?
Son écriture repose, selon moi, sur
trois piliers : la compassion, la musicalité et l’humour. László
Krasznahorkai met souvent en scène dans ses romans des personnages
naïfs, des faibles, des rêveurs crédules qui croient en l'humanité
et se font broyer (Valuska dans la Mélancolie de la Résistance,
Korim dans Guerre et Guerre, etc.). […] Mais même lorsque Lászlo
étrille avec cruauté ses personnages (par exemple dans Le baron
Weinckheim est de retour), on sent qu'il éprouve une certaine
tendresse à l'égard de ces gens, certes petits et minables, mais
qui se débattent comme ils peuvent dans ce monde.
La musicalité.
Elément essentiel de son écriture, elle repose sur le rythme, la
mélodie, la vitesse, qu'il développe en opérant de multiples
variations d’un livre à l’autre et à l’intérieur d’un même
livre. Les phrases krasznahorkaiennes ont en commun leur longueur,
mais elles sont en réalité très différentes, certaines se
déploient comme des coulées de lave, d’autres sont saccadées,
suivent un rythme accéléré, etc.
L’humour. Il est très
souvent présent dans un grand nombre de ses livres, et se décline
sous différentes formes, humour noir, ironie, autodérision,
burlesque… et offre au lecteur (et à la traductrice) des pauses
respiratoires.
Et l’on peut ajouter : la beauté. Voilà
pourquoi Krasznahorkai.
Joëlle Dufeuilly, in Libération,
18 octobre 2025.