Le témoin jusqu'au bout : une lecture de Victor Klemperer

Georges Didi-Huberman

Editeur : Minuit

Date de parution : 03/03/2022

EAN : 9782707347541

Nombre de pages : 160

16,00 €

Expédition sous 3 à 8 jours
Achat rapide Ajouter au panier. Expédition sous 3 à 8 jours

Du même auteur

Ce qui nous soulève t.2 : imaginer recommencer

Georges Didi-Huberman

Date de parution : 07/10/2021

Editeur : 07/10/2021 Collection : Paradoxe EAN : 9782707346995

28,00 €

Expédition sous 3 à 8 jours
Achat rapide Ajouter au panier. Expédition sous 3 à 8 jours

Futurs antérieurs

Jacqueline Salmon, Georges Didi-Huberman

Date de parution : 02/07/2021

Editeur : 02/07/2021 EAN : 9782843140372

45,00 €

Expédition sous 3 à 8 jours
Achat rapide Ajouter au panier. Expédition sous 3 à 8 jours

éparses

Georges Didi-Huberman

Date de parution : 06/02/2020

Editeur : 06/02/2020 EAN : 9782707346056

16,50 €

Expédition sous 3 à 8 jours
Achat rapide Ajouter au panier. Expédition sous 3 à 8 jours

Résumé

Être témoin : être sensible. En quel sens faut-il l'entendre ?

Dans un procès, on ne demande au témoin que d'être précis, puisque ce sont des faits qu'on lui demande de rendre compte. Mais celui qui décide de témoigner contre vents et marées, sans que personne ne lui ait rien demandé, se tient dans une position différente : il porte aussi en lui l'exigence d'un partage de la sensibilité. Il va donc parler des émotions, des faits d'affects : ceux qu'il observe chez autrui, ceux qu'il ressent lui-même. Perd-il pour autant en précision objective ? S'abandonne-t-il à l'illusion d'un pathos trop personnel pour être vrai ? Pas du tout. Il est comme un baromètre, ou comme un sismographe : il lui faut être sensible pour être précis. Il considère implicitement que ses émotions constituent en elles-mêmes des faits d'histoire, voire des gestes politiques.

C'est ce que montre une lecture du Journal de Victor Klemperer tenu clandestinement entre 1933 et 1945 depuis la ville de Dresde où il aura subi, comme Juif, tout l'enchaînement de l'oppression nazie.

Témoignage extraordinaire par sa précision, en particulier dans l'analyse qu'y mena Klemperer - qui était philologue - du fonctionnement totalitaire de langue. Mais aussi par sa sensibilité. Par son ouverture littéraire à la complexité des affects, avec la position éthique - celle du partage - que cette sensibilité supposait.

Entre la langue totalitaire, qui ne se prive jamais d'en appeler aux émotions sans partage, et l'écriture de ce Journal, ce sont donc deux positions que l'on voit ici s'affronter autour des « faits d'affects ». Combat politique lisible dans chaque repli, dans chaque inflexion de ce chef-d'oeuvre d'écriture et de témoignage.