Histoire du diable

Histoire du diable

Vilém Flusser

Editeur : Exils

Date de parution : 10/06/2021

EAN : 9782914823166

20,00 €

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Résumé

Une histoire de l'humanité vue du côté du Malin, écrite par le sociologue Vilem Flusser. Ou comment le diable n'en fait qu'à sa guise en nous poussant vers les sept péchés capitaux. Une allégorie ironique qui décrit notre monde moderne...

Biographie

Né en 1920 et décédé en 1991, Fusser était un philosophe d'origine tchèque mais de langue allemande, écrivain et
journaliste. Touche à tout, il s'est notamment intéressé beaucoup intéressé aux médias et à la communication
(dans un sens large : de l'image au design). Auteur d'une oeuvre dispersée et très hétérogène, souvent à la limite de
l'anthropologie (Tim Ingold s'y réfère souvent), il est désormais connu en France grâce aux traductions de certains de
ses ouvrages chez Circé.
Ont déjà paru en français :
Choses et non-choses : Esquisses phénoménologiques, Chambon, 1996
Pour une philosophie de la photographie, Circé, 1996
Petite philosophie du design, Circé, 2002
Essais sur la nature et la culture, Circé, 2005
La Civilisation des médias, Circé 2006
Les gestes, Al Dante, 2014

Le point de vue de Adrien

Continuons

On ne peut réserver qu’un accueil favorable et empressé à toute nouvelle parution d’un texte de Vilém Flusser, tant ce penseur est singulier, mêlant ironie féroce et mélancolie abyssale dans une langue et une pensée traversées de fulgurances, de beautés et d’intelligence. Ainsi ce livre qui n’est peut-être pas tant une histoire du diable pris comme objet d’étude que la considération de l’Histoire, depuis ses origines physiques et cosmiques, du point de vue du diable, celui-ci étant envisagé comme principe métaphysique de manifestation. L’Histoire de ce point de vue est la manière dont le diable tente de gagner la réalité à travers la procession des péchés, la pointe et le cœur de sa stratégie étant de ravir le cœur, l’âme et l’esprit de l’homme. Flusser pastiche Wittgenstein en reprenant, de façon moins systématique, la structure et la notation du « Tractatus logico-philosophicus ». Il caricature également Heidegger en reprenant et en détournant certains de ses concepts. Mais il y a aussi et surtout ces passages magnifiques et sidérant de lucidité qui font défaillir nos conceptions établies, notamment celui-ci dans le chapitre consacré à l’envie et à l’avarice qui prend l’exemple des étoiles pour illustrer le fait que la nature serait un produit de la société : 

« 6.1.5. Considérons, comme unique exemple de notre thèse, les astres célestes. Ce sont des objets représentatifs de la nature. Comment ont surgi les astres et comment ont-ils évolué ? Les mythes primordiaux ont établi un « monde », disons le monde de la civilisation occidentale. Cette civilisation a réalisé le projet contenu dans ses mythes, et une partie de cette réalisation, ce furent les dieux, masculins ou féminins, mais toujours représentant la force virile, qui marchaient à la surface de la Terre, laquelle représentait la féminité. Ce principe masculin était ce que nous appelons les « astres ». De nouvelles irruptions de l’envie ont créé de nouveaux mythes qui ont modifié ce monde. Ainsi a surgi, comme ritualisation de ces mythes, le ciel étoilé des pythagoriciens et des ptoléméens, dans lequel les astres étaient quelque chose comme des symboles pétrifiés de la perfection. Durant la Renaissance et l’Âge baroque ont surgi de nouveaux mythes. Les astres étaient des pierres. Dans les XVIIIe et XIXe siècles, ils se sont transformés en un ensemble de gaz, des molécules liées entre elles par des élastiques appelés « gravitation », dont le comportement a été mathématiquement ritualisé. Actuellement, les astres sont des entailles dans le champ gravitationnel et électromagnétique courbe. Qu’est-ce que les astres « en soi » ? Mauvaise question. Les astres ne sont pas « en soi », mais sont « pour la société ». Et il en va de même pour toute la nature. »

Vilém Flusser est certainement l’un de ces auteurs qui, pour reprendre une image de Nietzsche dans son Zarathoustra, écrivent avec leur sang (« De tout ce qui est écrit, je n’aime que ce que l’on écrit avec son propre sang. Écris avec le sang, et tu apprendras que le sang est esprit. »), un de ces écrivains qui se mettent tout entier dans leurs écrits, le cœur mis à nu. Ce pourquoi encore il heurte et touche autant. Et tel est bien le cas dans cette histoire du diable dédiée à son épouse (« Uxōrī omnia mea ») qui se termine par l’aveu d’un échec et qui s’achève pourtant presque sur ce mot : « continuons ».

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